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Vous êtes dans le Blog des Koronin 2014, culture du dessin, de la peinture, & notre galerie d'Art contemporain en ligne. 

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Publié par koronin

Première partie

____________________________________________________________________________

 

Pour faire suite à mon précédent article concernant le nu féminin versus masculin, j’ouvre ici une série dédiée au modèle vivant et de ses techniques telles que mes étudiants de première année en prépa ensad ensba Gobelins & inp exploitent cette discipline.

J’échelonne sa publication complète sur un mois environ, à raison de deux articles par semaine, vu la somme d’informations à vous communiquer.

 

        nu koronin ensba

        Photo Koronin.

 

Le dessin de nu est l’exercice précis permettant à l’étudiant de faire valoir sa compréhension - donc sa maîtrise – de l’observation, si essentielle à l’artiste plasticien. Plus profondément que l’observation d’un corps inerte, géométrique, le modèle vivant ouvre à étudier l’équilibre d’un corps non symétrique, d’en exprimer le mouvement général, d’en distinguer les mouvements secondaires (lorsqu’il y en a), d’en évaluer la perspective et l’implication dans un environnement précis. J’entends ici par « implication » la relation à l’espace par le mouvement, les matières, les ombres projetées etc.

En dernier point, des plus fondamentaux, l’exercice de modèle vivant permet d’apprendre à traiter le raccourci, une aptitude plastique que les jurys des concours  ensad ensba inp Gobelins, et même du CAPES d’arts plastiques, dénoncent régulièrement comme étant mal utilisés voire ignorés par nombre de candidats.

 

L’essence de la discipline : 

 

S’il est commun d’entendre que l’exercice de modèle vivant serait dépassé – quelques écoles de province (EPCC) ne le pratiquent plus -  c’est certainement parce qu’il réclame comme une condition de réussite des dispositions plastiques précises, dont la compréhension et l’acceptation de contraintes liées à l’utilisation d’outils rigoureux dans un lapse de temps déterminé. Une discipline subséquemment exigeante qui remet constamment en question les capacités plastiques réelles du plasticien.

 

prepa-koronin-123-1.jpgLe modèle vivant n’est ni une nature morte  avec un cœur qui bat, ni un modèle lambda qu’on aura choisi en fonction de tarifs de prestations. Il tisse des liens partenariaux avec l’artiste et l’œuvre, en parfaite triangulation avec ce que Platon nommait au-delà de l’apparence comme étant l’Idée. Ici, cette idée « plastique », c'est-à-dire fidèle et égale au rêve qui l’a enfanté, touche à la limpidité car elle tient tout entière dans la précision.

 

Le temps imparti pour parvenir à l’Idée (temps de pose) est contraint et nécessite maîtrise et technicité ; il conforte forcément l’acquis de l’expérience et entraîne une maitrise de la discipline quand celle-ci est encore incomplète. On peut donc affirmer sans crainte qu’il est autant possible d’admirer le modèle vivant posant que le travail plastique qu’en aura tiré l’artiste.

 

Le choix du modèle est fonction de sa personnalité en rapport avec l’Idée.

 

Photo Koronin, cours de nu sur le thème des postures et compositions de Ingres.

 

Médiums & supports :

 

Il n’existe aucune règle précise (outre les habituels académismes parfois lassants) concernant les médiums (crayons, encres, peintures, feutres etc.) & supports (papiers divers, cartons, bois, toiles etc.) à utiliser pour l’exercice. L’important est de disposer d’un instrument courant facilement sur le support, l’essentiel étant de pouvoir consécutivement disposer de moyens de conservation et d’entreposage  évitant de présenter aux concours ensad ensba des originaux en piètre état.

 

Exercer le modèle vivant :

 

L’étude du modèle vivant débute par celle des proportions du modèle. Celles-ci varient d’un corps à l’autre, avec une nette différence des êtres au niveau du visage, sans toutefois oublier que la véritable identité du modèle réside avant tout dans son corps complet. La silhouette idéale, facile à représenter n’existe pas.

Certaines personnes mesurent environ six têtes de haut, d’autres neuf ; en gardant à l’esprit que la taille du corps moyen – six têtes -  est une indication relative, temporaire, à ne considérer que jusqu’à ce que vous ayez acquis la capacité de voir et de dessiner l’individu (identité intellectuelle et corporelle) qui pose devant vous.

 

       ensba nu prepa koronin p45  

       Photos Koronin, attitudes, crayon "pierre noire" sur papier, étudiante reçue emca.

   

Face au modèle vivant :

 

L’une des erreurs les plus fréquentes, à laquelle Koronin fait systématiquement la chasse en cours,  est de moins regarder son modèle que sa feuille. L’étudiant conscient de ce qu’est le croquis regarde moins sa feuille que le modèle. Au cours d’une pose de dix minutes, il peut en passer six à observer, à voir, et à peine trois à dessiner.

 

En observant :

a)      L'étudiant créé déjà une meilleure adéquation entre son œil et sa main,

b)      Il dissocie l’équilibre et le mouvement du modèle,

c)      Il comprend que, dans la réalité, l’équilibre est éphémère, le corps luttant contre l’attraction terrestre et pratiquant donc de légers et permanents correctifs de son positionnement, sans pourtant altérer le mouvement – dans le cas où l’on considère que la pose est un mouvement arrêté, l’équilibre devenant alors une fraction du mouvement,

d)      Il travaille le mouvement (par le trait, les contours, les ombres) de façon à animer la totalité du corps,

e)      Il fabrique cette aptitude non naturelle à dessiner en trois dimensions (largeur, hauteur, profondeur) et ressent l’illusion de l’espace,

f)        Enfin, il apprend que la lumière, son utilisation dans toute production graphique est intrinsèque à la couleur, à la relation à l’espace, à l’éclairage.

Comme je le dis souvent à mes étudiants : si vous avez devant vous un modèle avec les ombres à « midi », c’est çà dire que les volumes reçoivent une lumière au zénith solaire, alors il est inutile de dessiner, car les contrastes de lumières seront inexistants du fait du manque d’ombres. Les volumes des modèles ne pourront être exprimés.

 

Mon prochain article traitera plus précisément des techniques du modèle vivant – à la prépa Koronin – et de l’intérêt du croquis au trait  pour le concours inp.

 

A suivre, donc…

 

PhM.

 

 

Commenter cet article

eulalie 07/09/2010 11:44



il n'ya a pas de nu à faire aux épreuves du concours ensad.



koronin 07/09/2010 14:47



Personne n’a dit qu’il y en avait aux épreuves ensad. Ou qu’il n’y en aurait pas – vous n’êtes pas à l’abri d’une réforme du concours
pour 2011, au regard du changement de direction qui semble se préciser.


 


La discipline du modèle vivant, tout comme la perspective, la couleur, sont l’orthographe et la grammaire de l’écriture plastique.
Avez-vous une épreuve de grammaire, ou d’orthographe, au baccalauréat ?


 


Autre chose, pensez-vous que se préparer aux concours ensad ensba ou autre revienne à potasser scolairement les épreuves ?


 


PhM.  



Tania 06/09/2010 19:33



Vous n'en avez pas marre de vous réfuigier derrière vos résultats ?



koronin 06/09/2010 19:54



Non, car ils constituent la démonstration pleine et entière que notre méthode d'enseignement fonctionne. Hors polémique, seul cela
compte. Car c'est du concret.


 


Ne vous en déplaise...


 


PhM.  



Tania 06/09/2010 18:20



permettez moi mais je trouve vos conseils très très académiques, limite réacs. Et les nus que vous présentez sont si simplistes. Où est l'envolée de matières dont une prépa digne du nom devrait
témoigner?


bonsoir



koronin 06/09/2010 18:44



Vous avez parfaitement raison, Tania, mes conseils, mes cours tiennent lieu de ce que mes profs et moi avons appris durant nos études
à l’ensba & l’enba. Nous transmettons donc à nos étudiants  cet apprentissage indispensable à la réussite des concours, selon ce que nous
considérons être le plus efficace en terme de prépa ensad ensba gobelins inp etc.


Ce qui semble assez bien fonctionner si j'en juge par nos résultats aux admissions des concours d'entrée des grandes écoles publiques
; que vous avez à votre disposition dnas la page d'acceuil de notre site, www.koronin.com.


  


Cordialement pour cette soirée… Et si vous souhaitez me répondre de suite, discuter de nu, je garde la page ouverte jusqu’à 19h30 (du
travail sur le blog).


 


PhM.  



douguidou 02/09/2010 22:48



Merci pour votre réponse. Je ne savais pas ce que c'était que le dessin au trait mais avec un ptit croquis à voir ce sera mieux !


J'aime aussi le croquis de la fille qui danse. Très léger. Très aérien !



douguidou 01/09/2010 23:03



Pardon... autre comentaire j'ai posté le précédent un peu vite (1000 excuses)


On peut chercher à amplifier le nu en le plaçant dans une composition de page ou un contexte, ce que vous nommez l'environnement. Quand on regarde un modèle qui pose en cours on n'a pas forcément
consience des autres informations que l'oeil dénombre dans contexte général.


La luminosité portée sur le nu change le corps. Dans un sens on tisse une histoire autour du modèle. L'éclairage joue un rôle primordial dans une composition. Une personne aperçue dans un lieu
exigü et sombre ne sera pas toujours reconnaissable vue dans un espace plus vaste et éclairé.


Quand on dessine un nu, il faut prévoir un "scénario".


Bien à vous.  



douguidou 01/09/2010 22:50



Vous entendez quoi par croquis de nu au trait ? Le hachurage ? Une autre technique ?


 



koronin 02/09/2010 09:27



Bonjour, Douguidou.


 


Par dessin au trait, l’on pourrait entendre une technique consistant à créer le volume & la masse du corps à l’aide de traits les
uns sur les autres ; avec accentuation des traits par exemple pour noter les ombres, jusqu’à – pourquoi pas – amener un dessin assez sombre. Mais ce n’est pas tout à fait cela.


 


Le dessin au trait est un dessin de simplicité, qui exige pourtant beaucoup d’habileté. Autrement que par l’observation d’un modèle
vivant, il est au programme des épreuves de concours inp (institut national du patrimoine) et MCRBC (master de conservation & de restauration des biens culturels) ;


 


Par un trait, qui par nature n’a qu’une seule dimension, le dessin au trait  suggère
l’espace et le volume en trois dimensions, sans travailler le modelé.


 


J’en traiterai dans mon prochain article.


 


PhM.    



poil de carotte 30/08/2010 22:23



Bonjour ; vous parlez de l'aptitude à dessiner en 3 dimensions comme étant inhabituelle chez le néophyte. Qui si je vous comprends aurait tendance à se limiter aux deux dimensions hauteur
largeur.


Filippo Brunelleschi (1377-1446), architecte, a élaboré les éléments mathématiques essentiels de la perspective. Il a su imaginer la possibilité de transformer une feuille de papier plate en
paysage ou palais d'une profondeur infinie.


Mais la découverte récente d'une peinture murale en macédoine révèle que les peintres grecs du IVème siècle avant le Christ comprenaient et utilisaient déjà le raccourci de la profondeur et donc
la troisième dimension. La perspective était donc peut-être utilisée par les mathématiciens grecs, deux milles ans avant la Renaissance.


Pensez-vous la connaissance de la perspective ait révolutionné le rapport du corps humain à l'espace ? Que le raccourci du modèle vivant soit dépendant de la notion de perspective ?


Cordialement.


Hélène



koronin 31/08/2010 09:31



Bonjour, Hélène.


 


Filippo Brunelleschi est l’inventeur de la perspective dite conique
(si mes souvenirs sont bons).


Cette perspective définit une projection selon un faisceau de droites passant par un même point (l'œil, ou l'observateur) sur une
surface (votre
support). Elle suggère des points de fuites pour tracer les directions, et la représentation des distances se raccourcit au fur et à mesure que l'objet s'éloigne de vous, en tenant compte
des effets de l'éloignement et de leur position dans l'espace par rapport à votre propre positionnement.


 


La réponse est donc oui : mieux vaut connaître l’espace perspectif mais aussi être conscient qu’un objet n’existe dans l’espace
que par son environnement.


 


Petite astuce : vous pouvez pleinement user des ombres et lumières pour accentuer le positionnement du modèle vivant dans son
environnement et ainsi susciter  une illusion de tridimensionnalité encore plus prononcée.


 


Ensuite intervient le mode de représentation graphique, qui vous est personnel.


 


PhM.