Les actualités hebdomadaires des Koronin (Philippe Morin / Artemis Irenäus von Baste), culture des arts plastiques & galerie d'Art associative en Ligne.
18 Mars 2010
Depuis que je la connais, c’est à dire depuis 1990, l’ensba fait partie de ces écoles dont le concours d’entrée ne saurait se comparer à un examen scolaire.
Le concours d’entrée de l’ensba réclamerait du candidat de déjà posséder une ligne de travail, c’est à dire des idées précise concernant ses recherches plastiques, une logique d’expérimentations. L’inspiration du candidat le place dans la société actuelle, dont il dépend. Si l’architecture, le design et les oeuvres volumiques sont devenus des must, aucun médium ne revendique plus la suprématie sur les autres et tous se prévalent de s’influencer les uns les autres. Le candidat idéal au concours de l’ensba sortirait moins d’un cours didactique dans lequel il a appris à imiter Ingres et Koons que d’un cursus plus personnel, atypique, avec ou sans prépa, fait d’expériences propres à développer une créativité enracinée dans la synesthésie que lui procure son environnement. En effet, répéter un savoir-faire n’est pas faire preuve d’idées. Le candidat se manifesterait donc plutôt au travers de perceptions - visuelles, tactiles, olfactives... - que lui procure sa compréhension du monde. Il démontrerait qu’il peut changer ses idées en choses, l’objet de ses perceptions devenant ainsi chose plastique. Il ne se contenterait donc pas d’apprendre, il comprendrait le pourquoi d’un médium, quand et comment l’utiliser. Tout un pan de la philosophie, en quelque sorte.
Du dessin à la peinture en épaisseurs en passant par l’installation mixant la récupération/transformation et l’écriture, tous débarrassés de la poubelle des jeux d’opinions sur la noblesse ou non d’un médium ou d’un support, le candidat propose ses découvertes concernant les potentiels des matériaux dont il use.
S’il existait éventuellement une recette pour réussir le concours de l’ensba, ce serait celle qui consiste à prouver que vous êtes plastiquement prêt à vous frotter à la pensée d’autrui.
Conseils :
. Un dossier de présentation n’est jamais constitué de « fonds de tiroirs »,
. L’observation du travail d’autrui, en atelier, en galeries, en dehors de l’école, permet de faire évoluer votre curiosité, loin de toute formation théorique phagocytée.
. Montrer que votre démarche plastique importe plus que présenter un résultat prêt à être exposé.
. Ne niez pas l’écriture. Utilisez-la comme passerelle entre vos perceptions et votre créativité manuelle.
Les plus belles réussites de mes étudiants à l’ensba ont régulièrement consisté à se mettre en scène, à faire preuve d’un humour poétique ou déjanté, comme avoir montré le monde selon un escargot - qui se joue des plans verticaux et horizontaux et voit au delà de certains obstacles grâce à ses yeux haut perchés - ou avoir implanté un fouet à la disposition des parents d’élèves d’une école prépa (la mienne !), à utiliser contre l’étudiant ou le prof en cas de divergence d’opinion.
PhM.