(Retour à mes articles : prépa ensad ensba gobelins inp : question de
graphisme...)
Après l’exercice de croquis de mes étudiants(es) dans les passages couverts parisiens, je reprends donc mes articles sur le graphisme. Ils peuvent vous servir, que vous soyez en prépa ensad,
ensba, gobelins ou même inp, notamment pour le dessin au trait.
Souvenez-vous :
- la ligne est le moyen de représentation le plus élémentaire,
- le type de médium & de support utilisé influence le caractère du trait,
- un trait (graphisme) peut suggérer la matière,
- le trait est votre marque, il témoigne de vos perceptions,
- autrui peut le lire, partager vos perceptions.
Ceci dit, il ne suffit guère de l’apprendre par cœur & le réciter ; il vous faut le comprendre, donc l’expérimenter &
conséquemment gagner en expérience. Pour ce faire, rien ne sert d’acquérir des matériels complexes, c’est d’abord votre habilité manuelle à vous servir d’un bloc de papier, d’un crayon, de
considérer l’importance du dessin d’observation, d’imagination (le mauvais graphiste la sous-estime pour se réfugier derrière l’utilisation d’artifices) puis d’user de vos connaissances scolaires
en dessin géométrique pour parfaire vos figurations.

Photos S.L'hermitte / Koronin : densité duveteuse d'un pelage / détail d'une machine à coudre (encres sur papier).
Petit coup de griffes aux forums Internet, on ne dessine pas mieux avec un crayon de la marque « machin-truc » sur un papier
« bidule-truc » tant que l’on aura pas compris comment dessiner, comment retranscrire des proportions, un équilibre, une essentialité, etc. Ce qui se fait avant tout avec de
l’expérience (qui s’acquiert en dessinant, en croquant), avec un simple crayon sur n’importe quel bout de papier capable de supporter le poids de votre tracé !
L’apprentissage des arts du dessin, de la représentation figurative se fait par une pratique attentive, avec le souci de trouver une utilisation ingénieuse des instruments de travail. L’étude des
œuvres anciennes est excellente ; il est permis de faire son profit de l’expérience d’autrui, tant que l’on ne se limite guère au plagiat, à la copie vers l’imitation. En art, celle-ci est
toujours inférieure à l’original.
Le graphisme demande de la décision. Il est souvent inutile voire grossier d’essayer
faire passer une technique pour une autre, par exemple un effet spécial d’un logiciel pour une aquarelle ou une peinture à l’huile. Comme il ne convient pas graphiquement d’user de la peinture à
l’huile comme si l’on voulait faire une aquarelle car vous risquez fort de vous retrouver avec des contraintes de matériaux difficilement surmontables. Chaque technique a ses exigences ; la
multi-technique ne les enlève pas.
C’est votre jugement artistique – inexplicable – mué par votre expérience naissante qui vous fera décider si telle ou telle
représentation graphique – acte de figuration – vous poussera à représenter tel ou tel sujet aux pastels, en peinture, avec un logiciel : un travail d’abstraction psychologique que vous
allez réaliser dans l’étude du sujet.
Chez Koronin, nos étudiants(es) en prépa ensad ensba gobelins & inp (dessin au trait) travaillent comme suit :
1– il leur faut comprendre le sujet & son expression,
2 – ils doiuvent construire des formes puis les composer dans un espace,
3 – ils doivent proposer la ou les techniques qui leur semblent correspondre à l’expression du
sujet.
Soit : avoir l’œil / avoir de l’idée / avoir du cœur.

Photos Koronin : prépa ensad, études d'un jouet / d'un paquet de café, stylo, crayons gras, gouaches sur papier / gouaches sur papier
(promo 2011).
Quand vous vous apprêtez à dessiner, pensez avant toute chose que la fonction créée
l’organe. Méditez le sujet dans votre esprit en fonction du but à atteindre puis crayonnez préalablement votre composition sur un petit format. Ceci vous permettra de serrer au mieux votre vision sans vous perdre dans des détails de moindre importance. Vous vous rendrez compte que vous pouvez réellement produire de
puissants effets plastiques, avec très peu de traits, traités avec la simplification requise.
A suivre.
PhM.