Les actualités hebdomadaires des Koronin (Philippe Morin / Artemis Irenäus von Baste), culture des arts plastiques & galerie d'Art associative en Ligne.
1 Mai 2011
Prépa ensad ensba Gobelins : question de graphisme 2. Suite de notre précédent article sur comment vous enseigne t’on le graphisme chez Koronin.
Un jour, quelqu’un découvre un instrument qui trace, le prend & fait un trait. Ce trait devient sa marque, autrui peut le voir, le partager car il possède une histoire… Ce trait aura pu être tracé à partir d’une mine grasse ou maigre (feutre ou crayon), de craie industrielle ou naturelle – par exemple récoltée au pied des falaises de Caux – de pigments liés par un corps gras (huile lourde, lègère, colle, brûlis, votre propre sudation etc.), lame, pointe sèche, souris informatique ou application de la commande d’un logiciel… Ce trait l’on pourrait lui donner des verbes : glisser, envelopper, effleurer, cerner, préciser, estomper, enrichir, souligner, masquer, rayer… vous en trouverez bien d’autres. Ce trait, orienté, multiplié, travaillé, peut parfaitement vous permettre d’exprimer une matière comme la douceur d’une chevelure, la souplesse d’un corps, l’aspect du sentiment.
Mais avant toute créativité, il vous faut savoir que, chez Koronin – eu égard à notre propre expérience professionnelle – nous considérons qu’un bon graphiste est avant toute chose un bon exécutant, c'est-à-dire qu’il possède & maitrise les techniques de dessin d’observation, sait exprimer une matière, user d’un contraste de couleurs, non seulement en théorie mais aussi & surtout en pratique ! Car le futur graphiste doit savoir refaire au crayon tout ce que le logiciel sait faire - certes beaucoup plus vite - en tant que simple outil.
Photo Koronin : Randolphe (prépa ensba) peignant Ban (prépa esba – reçu) en cours, acryliques sur papier.
Il m’arrive ainsi de m’agacer d’étudiants, je l’avoue, qui arrivent chez Koronin avec des colors-scripts exécutés via un logiciel, certesde bonne qualité, mais qui sont à la peine voire à la traine des autres postulants aux concours ensad & Gobelins de la prépa dès qu’il s’agit de refaire l’exercice à main levée, à la gouache ou autre médium, en mettant en scène leurs capacités d’utilisation de la perspective, de la confection des couleurs, du choix du bon support papier.
Subséquemment, tout instrument peut être utilisé de différentes manières pour donner l’esthétique émotionnelles indispensable au graphisme. Quant’ à la couleur, & même si cela heurte les théoriciens des arts, j’affirme que l’utilisation de la couleur doit être faite selon le sentiment de chacun & en fonction de recettes scolaires religieusement appliquées. Le graphiste est avant tout un observateur assuré, toujours attentif à suggérer la vie par la forme, la couleur, le positionnement d’un objet dans un environnement. En cela, qu’il fasse de l’illustration pour livres, un logotype pour un marchand de chichis, un lettrage calligraphique, une peinture remplaçant la sempiternelle photo du produit vendu, un layout ou plus simplement un croquis, le graphiste se laisse plus guidé par l’intuition que par la raison : il perçoit ces petites choses de la vie qu’autrui n’a pas le temps de remarquer & les lui propose.
Une école enseignant le graphisme ne peut fonctionner sur un mode scolaire avec un programme de notations scolaire mais plutôt en apportant à ses étudiants(es) des thèmes les faisant partir d’observations simples au crayon vers l’expérimentation de formes, d’expression des matières représentées, d’utilisation de matériaux divers, dans l’idée que l’on ne naît pas graphiste mais qu’on le devient ; posséder le dernier logiciel informatique sur le dernier Mac ou PC à la mode est une chose, mais savoir exprimer la matière, une texture, rendre un aspect, c’en est une autre…
Ce sera l’objet du prochain article de votre prépa Koronin, avec des démonstrations, trucs & astuces.
Photo Koronin : une petite demoiselle de la promo 2011, prépa ensba - & qui est en train de nous prévoir un triplé aux concours ! – dans une bien étrange position pour peindre. Une photo qui n’a certes pas de rapport flagrant avec l’article, mais que je ne résiste pas à vous montrer. Une étudiante qui se sera donné beaucoup de mal, aura souvent peiné, mais dont la persévérence & l'opniniâtreté à développer son univers aura été payant !
A suivre…
PhM.