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Les Koronin : le Blog !

Les actualités hebdomadaires des Koronin (Philippe Morin / Artemis Irenäus von Baste), culture des arts plastiques & galerie d'Art associative en Ligne.

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prépa ensba ensad inp : admissibilités & lettres de motivation

Nous sommes au mois de janvier, c’est la fin des inscriptions pour le concours inp mais aussi le début de celles pour le concours de l’ensad ; bientôt l’ensba…

S’il convient avant tout de s’intéresser aux épreuves d’admissibilité de ces fameux concours, ce n’est pas seulement parce qu’elles constituent une première série d’épreuves sélectives organisées d’après les compétences & acquis des postulants mais surtout parce qu’elles opèrent un  criblage précis de leurs dossiers d’inscriptions. En effet,  la majeure partie des concours vont exiger une lettre de motivation de votre part, & commencer avec celle-ci par essayer mieux vous connaître.

Partons d’abord d’un constat net : ni l’ensad ni l’ensba ne vous demandent copie de vos bulletins de scolarité !  Ces écoles d’art ne sont pas intéressées à connaître la place hiérarchique vous occupiez en classe de terminale ou classe prépa art ; vos absences, retards, bavardages, assiduités dans tel ou tel cours les préoccupe moins que trouver dans vos lettres  l’évolution de vos expériences, l’expression d’une personne mature ! Ce qui somme toute assez logique vu que la majeure partie des cours que vous aviez en classe de terminale ou classe prépa ne se retrouvent que peu ou prou dans les grandes écoles et autres instituts d’art !  

Le plus gros reproche que les jurys font à vos lettres (voir les livrets d’étudiants ou rapports de jurys téléchargeables dans www.ensba.fr, www.ensad.fr, www.inp.fr, www.ensapc.fr ) est que trop d’entre elles se ressemblent. On y retrouve les mêmes formules toutes faites, souvent flagorneuses, faites de louanges envers l’école dont vous préparez le concours.

Elles attirent évidemment moins l’attention !

Abandonnez donc la lettre de motivation type, celle rédigée selon des critères standards. Car votre lettre doit se distinguer des autres, non par des artifices littéraires  ou ornements mais  plutôt par des références à des expériences personnelles comme des stages, des voyages, vos activités annexes (faites-vous de la danse, du sport, du modélisme, de la méditation ?) que vous appuyées par des détails qui rendent vos propos concrets !  

Grace à ces détails, vous dévoilez aussi quelques éléments de votre personnalité – même s’il s’agit d’un petit défaut. Les jurys apprécient les candidats capables de s’évaluer eux-mêmes ; c’est un marqueur évident de leur capacité à clairement situer ce qu’ils viennent chercher dans d’une école d’art.

 

PhM

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Á
Bonjour, <br /> <br /> Merci pour votre article, qui est très intéressant et m'a beaucoup aidée à me faire une idée de ce que les écoles d'art attendent de moi en tant que candidate. Toutefois, j'ai encore un doute: de quelle longeur doit être, un peu près, une lettre de motivation pour l'ENSPAC par exemple? Ils ne l'indiquent nulle part dans leur site et je ne voudrais pas rester courte...J'avais pensé à faire une page en police 11. Vous en pensez quoi? <br /> Merci beaucoup d'avance! <br /> Ángela
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P
Bonjour, Angela.<br /> <br /> La lettre de motivation vers une école d’art comme l’ENSAPC (école nationale supérieure d’art de Paris Cergy) peut se présenter comme suit : <br /> <br /> Une page lisible (choisissez une police de caractère visuellement attractive à lire – évitez celles que le jury devrait déchiffrer), pourquoi pas de diverses couleurs (excepté le fluo, les couleurs trop saturées – préférez les gris sombres colorés ; notamment pour appuyer une information). Par contre, ne couvrez pas votre lettre de dessins de fonds, de graphismes ou autres symboles qui satureraient l’espace. Préférez une mise en page graphique, pourquoi pas par l’ajout d’un discret vidéogramme vous présentant visuellement, en bord de page.<br /> • Débutez par l’objet de votre candidature : vous souhaitez intégrer l’ENSAPC, vers son diplôme,<br /> • Précisez le métier qu’il vous sied de pratiquer une fois votre diplôme obtenu &amp; développez en quelques phrases votre connaissance de ce métier, par quel biais vous l’avez connu ou approché. <br /> • Notez de suite après que les enseignements de l’ENSAPC correspondent à votre attente (sans flatteries, vous vous êtes par contre assidument renseignée sur ces enseignements) &amp; qu’ils vont justement vous permettre de développer votre monde créatif, monde personnel que vous résumez en quelques autres phrases.<br /> • Vous serez heureuse de pouvoir montrer les ébauches &amp; autres parties de ce monde personnel aux cadres de l’ENSAPC…<br /> <br /> Tenez-nous informés savoir si ces quelques conseils vous auront été bénéfiques.<br /> <br /> Bonne chance pour la réussite de votre concours !<br /> <br /> PhM
E
<br /> Lettre de motivation :<br /> Vaste débat qu’il me semble important de poursuivre :<br />      . bien que cela ne fait pas partie des thèmes des concours !<br />      . que nombre d’étudiants n’ont pas encore intégré ce concept.<br /> Par expérience, tout ce qui a trait au CV et à la lettre de motivation cela « emm.. » certains (veuillez accepter mes excuses pour la grossièreté du terme parfaitement en accord avec mon<br /> ressenti). Comme si les travaux directement destinés aux dossiers, dessin, peinture… seraient seuls valables pour retenir l’attention des membres d’un jury. Cela fut vrai, mais en changement,<br /> sinon pourquoi demander un LM (lettre de motivation) à joindre au dossier ?<br /> La LM est encore perçue par les étudiants comme exercice imposé, aux antipodes d’un travail de créativité, alors que c’est déjà un exercice de créativité  sur un sujet complexe : adéquation<br /> entre Soi et des prescripteurs au départ inconnus.<br /> Cette LM peut prendre la forme d’une copie (parfois adaptée) d’une lettre stéréotypée.  Pour avoir eu à traiter des demandes, ce type de lettre présentait et présente  toujours  un<br /> grand avantage, celui d’être classée parmi les « rejetées », soit un gain de temps quand il y en a de nombreuses et peu de places à prendre ! L’esprit humain et les conditions de travail sont<br /> ainsi faites.<br /> Elle peut être également prise comme un succédané, une forme de document administratif, le dossier plastique se suffisant à lui même,<br /> Je l’ai parfois ressentie comme une tentative pour obliger le candidat à se livrer, se dévoiler, ôter sa carapace protectrice … donc se rendre critiquable vis à vis de tiers (pudeur ?).<br /> Il est vrai que parle de soi, de son travail, savoir l’expliquer est souvent un exercice très difficile. Il faut avoir le « courage » de faire le point sur ses qualités, motivations réelles et<br /> non de façade … Simplement parler de soi, de ce que l’on a fait et fera en justifiant ce que l’on annonce, un vrai travail « politiquement (in)correct ».<br /> Toujours par expérience, rien n’est pire que des phrases creuses, même sublimes ne voulant rien dire. Ou annoncer des projets et qualités démesurés sans preuve (une forme de vantardise ou<br /> d’affabulation).<br /> <br /> <br /> <br /> Dernier point, pour écrire une LM valable il faut avoir le maximum d’informations pour connaître la personne à qui l’on s’adresse, sinon autant tenter d’écrire à un extraterrestre.<br /> Donc à vos plumes.<br />
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K
<br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pauvre étudiant en Art.<br /> A peine issu du baccalauréat, on lui demande déjà de savoir répondre selon la mentalité, les idées, les réflexions d’un professionnel,sorte de « Doltoïsme » inversé dans lequel il doit exprimer,<br /> disserter, transmettre, selon des codes, des protocoles, des procédures aussi nombreuses & variées qu’il existe de domaines en Art.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A ce bachelier souvent en année prépa l’on demande :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -<br />  De ne pas se référer aux modèles de lettres de motivations diffusés sur le net ou en<br /> bibliothèques, y compris par des cabinets conseils ou des administrations,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -<br />  De faire preuve de qualité d’expression oral, & ce afin que le jury prétende ne<br /> pas s’ennuyer,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -<br />  De connaître l’histoire de l’art sur le bout des doigts,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -<br />  D’en savoir autant sur le métier (voir www.ensad.frou le rapport du jury INP –<br /> www.inp.fr) concernant les domaines<br /> juridiques, la diffusion des œuvres etc.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -<br />  De se tenir au courant de l’actualité culturelle, non réduite à<br /> l’hexagone,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -<br />  D’avoir une habileté manuelle susceptible de permettre à un enseignant d’avoir autre<br /> chose à faire qu’à lui apprendre les techniques de base,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -<br />  De se distinguer des autres candidats par la la nature même de son travail<br /> plastique,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> -  & dans certaines écoles étrangères, d’avoir une bonne lettre de recommandation qui répond à un<br /> cahier d’exigences que la Stasi (police politique Est-Allemande, Ministerium für<br /> Staatssicherheit du temps de l’URSS) n’aurait pas reniée !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Notre rôle de prépa est d'aider au mieux ce bachelier, de le préparer à ce mur d’exigences. De<br /> certains étudiants y parviennent, d’autres pas ; cela doit faire partie des sélections, du criblage comme dit l’ensad. D’autres étudiants, enfin, font selon leur propre initiative, connaissances, piochant dans l’expérience propre de leur milieu<br /> culturel, parfois au petit bonheur la chance.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais gageons qu’il vaut mieux des lettres mal fichues, des erreurs,<br /> de mauvais jugements mais une volonté d’affronter ce dément cahier d’exigences que voir notre jeunesse nous jeter au visage : « quand cesserez-vous enfin de vouloir que nous pensions déjà comme<br /> vous ? »<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> PhM<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Pour Information.<br /> J’ai trouvé le commentaire/interview de l’un de nos grands-chefs cuisiniers actuels Mr. Éric<br /> Fréchon, qui paraît parfaitement s’adapter à la mentalité d’un atelier d’art bien qu’il s’adresse à des apprentis cuisinier et futurs grands-chefs.<br /> Les deux ne sont-ils pas convergents quand ils font appel à la passion, à la motivation et au travail !<br /> Je ne résiste pas au plaisir de vous le transmettre tel quel.<br /> <br /> « Transmettre, c’est un travail au quotidien.<br /> Si un jeune est curieux, fin, ouvert aux autres, s’il  montre une sensibilité, une passion, je le pousse sans qu’il s’en rende compte. Une manière de le prendre un peu sous mon aile, de le<br /> protéger, de lui donner ses chances. La transmission  est une affaire personnelle qui ne peut se faire que dans une complicité entre le chef et le jeune qui montre un désir d’avancer. Et qui<br /> peut être un modèle pour les autres.<br /> Malheureusement, habitués à un monde qui va de plus en plus vite, les jeunes sont impatients. Or, la cuisine demande du temps, de la patience. Beaucoup se lassent, craquent et s’en vont.<br /> Restent les plus passionnés. Certains souhaitent passer des concours. Alors, on les aide, on les prend à part, on les forme , on leur montre des techniques que l’on n’utilise pas tous les jours.<br /> »<br /> <br /> Extrait de « la cuisine vue par ses grands chefs » de H. Amiard,  éd. Hugo&Cie 2008<br />
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K
<br /> <br /> D’accord avec vous, ci ce n’est que nos étudiants en prépa ensad ensba inp &<br /> autres gobelins n’ont plus réellement le temps de développer leur passion.<br /> <br /> <br /> Au regard des dates des concours, très tôt dans l’année,  il leur faut passer outre les blocages techniques & intellectuels de l’art – donc : apprendre les techniques - & parallèlement réussir à s’exprimer<br /> à titre personnel au sein d’une démarche ! Je regardais encore récemment le rapport du jury du concours inp 2011, me demandant si le rapporteur se rendait vraiment compte de ce qu’il<br /> écrivait. Si ce concours est ouvert aux jeunes bacheliers, le niveau de connaissances exigé est dantesque, allant de la maitrise des techniques plastiques, la compréhension de l’acte créatif, la<br /> connaissance de l’histoire de l’art, celle des bases de la restauration jusqu’à  la sociologie du métier !<br /> <br /> <br /> Ne portons donc pas discrédit à nos jeunes quand nous les obligeons à réfléchir<br /> devant nous comme s’ils avaient déjà des années  d’expérience plastique derrière eux.<br /> <br /> <br /> PhM<br /> <br /> <br /> <br />
T
<br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> Je vois avec plaisir que les écoles d'art commencent à appliquer les méthodes du milieu professionnel. Je remarque, dans votre article, que les jeunes ne sont que peu concernés par les<br /> implications et nécessités de savoir rédiger une lettre de motivation et se "vendre" (se "vendre"! terme odieux aux yeux de bon nombre). Cela devrait faire partie, comme des bases de gestion et<br /> de juridique, de la formation de ceux qui vont accéder au monde des actifS.<br /> Je suis de tout coeur avec vous et votre action.<br />
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K
<br /> <br /> Bonjour, Tartare. Heureux de vous retrouver sur le blog ! J’ai vu que votre<br /> adresse mail figurait parmi mes abonnés, je m’en félicite !<br /> <br /> <br /> Je vous remercie pour votre compliment, c’est toujours agréable. Toutefois je n’ai<br /> pas compris votre réflexion concernant le manque d’implication des jeunes face aux réalités d’une lettre de motivation & les nécessités de savoir rédiger<br />  cette lettre & de motivation et se "vendre".<br /> <br /> <br /> Pour beaucoup, les candidats aux concours appliquent en confiance ce<br /> qu’enseignent leurs professeurs en cours magistraux, à savoir rédiger une lettre de motivation selon une méthode précise, conditionnée,  dispensée au<br /> plus grand nombre. Ou alors ils usent des modèles que l’on trouve à foison sur le Net.<br /> <br /> <br /> C’est là que réside la faiblesse de ces lettres, non dans la mauvaise<br /> volonté des candidats aux concours (ensad, ensba, inp, ensapc, gobelins) à satisfaire aux exigences des grandes écoles d’art. A remarquer d’ailleurs que celles-ci communiquent sur le sujet par<br /> quelques lignes seulement, par exemple en soixantième page d’un livret étudiant (en format PDF) qui en compte plus de trois cents !<br /> <br /> <br /> Nous parlons ici d’études d’art, qu’il s’agisse des beaux-arts ou de<br /> l’institut national du patrimoine. La lettre de motivation présentée aux concours doit refléter une personnalité remarquable, non la capacité à régurgiter joliment un  modèle !<br /> <br /> <br /> C’est ce que mes jeunes de prépa font (exprimer, définir leur<br /> personnalité, leur objectif & leur choix tactique pour y parvenir) ; certes pas toujours avec brio, mais au moins la majorité d’entre eux parvient t’elle à se distinguer du lot.<br /> <br /> <br /> PhM<br /> <br /> <br /> (Note : si vous avez des conseils, vous pouvez les exprimer ici)<br /> <br /> <br /> <br />