Les actualités hebdomadaires des Koronin (Philippe Morin / Artemis Irenäus von Baste), culture des arts plastiques & galerie d'Art associative en Ligne.
29 Septembre 2010
Après une matinée consacrée au dessin d’observation & à la perspective, nos jeunes étudiants en prépa inp ensad ensba & gobelins gagnaient
le Petit Palais, en début d’après-midi, pour une rencontre avec une vieille (que dis-je, une très vieille) de mes amies ; le Diamant Noir.
Une rencontre d'autant plus importante pour nos candidates au concours inp (institut national du patrimoine) qui ont déjà rendez-vous jeudi après midi avec le bureau des copites du Louvre, pour une nouvelle saison de copies dans les salles de peintures du musée.
Photo Koronin : Travail d'observation d'après plâtre. Travail concentré et volontaire, il semble que nos derniers résultats au concours d'entrée de l'école d'art de La Cambre - et la rencontre avec l'une de nos lauréates à ce concours lundi dernier - aient gonflé les espoirs de réussites pour 2011 !
Certes, le modèle qui permit au peintre Giron de dresser cette fabuleuse toile de 200 x 91 cm nommée « La femme aux gants, dite La Parisienne » aurait aujourd’hui quelques cent vingt sept ans, mais à la voir au petit Palais, elle n’a pas pris une ride. Je parle là d’une vieille amie car je fis sa rencontre en 1988, alors que j’étais étudiant aux beaux-arts.
Le tableau, signé en bas à droite par Chs Giron vers 1883, don de Simone de Pourtalès en 1960 au musée, représentant le Diamant Noir, femme
rencontrée à Ville d’Avray et qui ici boutonne ses gants de suède fauves, fut présenté au salon de la société nationale des beaux-arts de la même année, sous le simple titre de
« portrait ».
A ma connaissance, le titre emblématique dit de « La Parisienne » fut donné au salon de Berne de 1960.
Mais ce tableau a moins d’attrait historique au sens potins de l’histoire de l’art qu’il est plastiquement fascinant. Car qui est cette femme au joli profil mutin ?
Prête à sortir ou à entrer, habilement soulignée par une toque en plumes de marabout noires, portant une robe d’après-midi élégante avec broderies de jais et drapés à panier eu XVIIIème siècle, elle est entourée d’une console Louis XV et d’un décor mural d’entrelacs préfigurant l’art nouveau. Mais à mieux regarder la touche qui la peint, on s’aperçoit de la simplicité des modelés : les broderies de jais sont a peine esquissées, extrudées du fond par quelques coups rapides, dans le sens des feuillages ; et les plis du panier comptent moins de trente touches, disposées autour de la valeur du noir, brossage large, brossage fin.
Les couleurs sont peu nombreuses, justement disposées - ce qui apporte l'illusion de leur nombre - amenant les formes à leur plénitude.
Seule la peau, vivante, diffère d’un brossage allant droit à l’essentiel des matières, dans la particularité que ce ne sont ni les atours ni les ornements qui rendent cette femme belle. C’est elle, par son élégance naturelle, son expression de visage, son geste anodin, qui met l’ensemble en valeur.
Une belle leçon d’art pour nos étudiants en prépa ensad ensba etc. qui doivent maintenant méditer... les brosses à la main !
PhM.