Les actualités hebdomadaires des Koronin (Philippe Morin / Artemis Irenäus von Baste), culture des arts plastiques & galerie d'Art associative en Ligne.
22 Août 2010
Cinquième et avant dernière partie de nos lettres et propos d’artistes, débutée fin juillet dernier, et qui s’achèvera temporairement avec la rentrée prochaine. Il sera alors temps de vous parler de notre nouvelle promotion 2010/2011 en prépa inp ensad ensba gobelins.
Comme nous terminions le précédent article sur le Salon des Indépendants de 1898, il m’est apparu intéressant de débuter ici par une critique du comte de Caylus à propos du Salon de 1753.
Rappel : le Salon de peinture / sculpture était une manifestation artistique se déroulant à Paris depuis le XVIIIème siècle. Cette manifestation exposait les œuvres des artistes agréées par l'académie des beaux-arts Sous l'impulsion de David, il s’ouvre à de nombreux artistes avant que de devenir le « Salon de l'académie royale » sous la Restauration puis le « Salon de peinture et de sculpture » sous la Deuxième République. Depuis 1881, il prend le nom de «Salon des Artistes Français», destiné à présenter l'art officiel. L’art non-officiel est regroupé sous le sobriquet de « Salon des Refusés ». Ce dernier forme toujours aujourd’hui le Salon des Indépendants, au vernissage duquel mes étudiants prépa inp ensad ensba sont invités. Un bon moyen d’y parler en direct avec les artistes présents !
Critique du Comte de Caylus à propos du salon d’art de 1753 :
« Jamais le Salon n’a été aussi brillant, si beau, si varié et si nombreux ; tout y répondait à la réputation des artistes et aux soins de M.de Vandières, dont les connaissances acquises dans un voyage de deux ans en Italie ont perfectionné le goûte naturel…
On y voyait réunis le noble et le galant, l’austère et le badin, l’histoire et le fable, l’héroïque et le pastoral, les batailles et les allégories ; rien n’y manquait de ce qui a le dessin pour principe et pour base, de ce qui peut flatter l’esprit, les yeux ou l’imagination…
M.Carle Van Loo a fait voir, dans six tableaux de différente grandeur et d’une composition absolument variée, toutes les grâces de son pinceau et la fécondité de son génie : l’action, le repos, la dévotion, la grande machine, les tableaux de chevalet, le portrait même, tout est la preuve éclatante d’un mérite supérieur. M.Boucher a continué d ravir par ses grâces te els agréments de sa composition dans ses tableaux de Thétis et du Soleil, dans les dessus de portes faits pour Bellevue, et dans les « saisons » peintes pour un plafond de Fontainebleau : sa manière, qui est aimée et suivie, mérite l’accueil qu’elle reçoit. »
L’analyse de la beauté par William Hogarth, (extraits) 1805 :
Note : je retranscris le texte tel qu’il m’est présenté dans « L’analyse de la beauté, éditions Levrault-Schoell »
« Les principes fondamentaux de la beauté sont la convenance, la variété, la simplicité, la complication et la quantité, lesquelles contribuent toutes à produire la beauté, en se corrigeant ou en se fortifiant mutuellement selon qu’il est besoin. (…)
Je définis la complication des formes cette disposition des lignes qui compose la surface d’un corps, qui fait faire à l’œil une espèce de chasse agréable tel qui, par le plaisir qu’elle donne à l’esprit, mérite le nom de beauté ; et l’on peut dire avec vérité que la complication renferme plus particulièrement la cause de l’idée de la grâce qu’aucun des autres principes de la beauté, à l’exception de la variété, laquelle les contient tous ensemble.
Comme les lignes droites ne varient entre elles qu’en longueur, elles sont moins propres à la beauté. Les lignes courbes, qui peuvent varier en courbures et en longueur, sont plus propres à l’ornement que les lignes droites. Les lignes courbes et les lignes droites mariées ensemble, formant des lignes composées, ont plus de variété que els lignes courbes seules et sont, par conséquent, plus favorables à la beauté des formes.(…)
Il n’y a pas au-delà de dix ou douze artistes qui soient parvenus à posséder parfaitement toute la magie du coloris. Le Corrège, qui vivait dans un village de province et à qui la nature seule a servit de modèle, est pour ainsi dire l’unique peintre qui y ait excellé… Le Poussin a été bien médiocre dans cette partie, comme on peut s’en convaincre par les différents essais qu’il a faits, et l’on peut dire que l’école française n’a pas un seul grand coloriste. Rubens e tenu savamment sens teintes premières brillantes, franches et distinctes, quelque fois trop même dans ses tableaux de chevalet. »
Eh bien, donnons réponse à Rubens & Poussin dans le prochain article !
PhM.