Les actualités hebdomadaires des Koronin (Philippe Morin / Artemis Irenäus von Baste), culture des arts plastiques & galerie d'Art associative en Ligne.
28 Juillet 2012
L’histoire de l’art est essentielle à l’artiste plasticien. Elle a pour objet l'étude des œuvres dans l'histoire, et du sens qu'elles peuvent prendre, les conditions de création le fait artistique, le contexte spirituel, culturel, anthropologique, idéologique, selon des critères scientistes transdisciplinaires ou multidisciplinaires, selon des principes méthodologiques, scientifiques & phénoménologique (Maurice Merleau-Ponty, etc.), psychologiques, formalistes & sémiologiques (Heinrich Wölffin, Roland Barthes, Umberto Eco)... La définition est longue - vingt lignes de texte - résumons-là à permettre à notre plasticien de situer son travail dans le temps. Parfois, l’on se demande comment elle est écrite.
Ouvrons une parenthèse sur Umberto Eco (titulaire de la chaire de sémiotique & directeur de l’École supérieure des sciences humaines à l’université de Bologne), juste une petite anecdote.
Chaque début d’année, je donne à mes étudiants un petit exercice de culture générale, dont un jeu linguistique inventé par Eco, qui consiste à faire parler un personnage célèbre (Néron,
Cléopâtre, Kafka, Dante, Robespierre, Papin, Lincoln, Bartholdi, Shakespeare, Gaudi, Fra Angelico, Fragonard, etc.) selon une logique donnée, utilisant la sémantique. Je me souviens d’une
étudiante en prépa INP (institut national du patrimoine), issue des rangs de l’université, m’ayant fait remarquer que ce jeu, pour stupide qu’il était selon elle, ne pouvait que provenir de
mon pauvre cerveau d'artiste issu des Beaux-arts.
Ces derniers jours, j’allais ravitailler mon galeriste, à l’Ile de Ré (Les Portes en
Ré).
L'une de mes réalisations est mise en vitrine. C'est l'heure du marché, sur la place. Je croise un groupe - quatre personnes - affairé devant la vitrine, précisément devant mon travail.
A l’écoute du discours d’une charmante sexagénaire du plus beau style, secouant ses paroles dans de grands gestes des bras comme si ses bracelets en toc allaient magiquement en prendre de la
valeur, j'apprends que l'on parle de moi. La dame dit à son groupe me
connaître ; nous aurions travaillés ensemble. J’en suis flatté, qu’une femme vous encense n’est jamais désagréable, surtout quand on ne la connait pas. Je m’approche d’elle & lui tend la
main.
- « Bonjour, madame, comment allez-vous ? »
Je me fais de suite rembarrer.
- « Vous permettez ? »
& elle m’ignore aussi courtoisement qu’une femme peut exprimer de dédain envers un homme à qui elle n'a pas l'intention d'accorder le moindre crédit.
J’insiste.
- « Vous connaissez vraiment le peintre Koronin ? Vous connaissez son travail ? »
Elle me jette ce regard de biais qui détermine à tous l’assurance de sa rétorque.
- « Pour qui me prenez-vous ? Je suis historienne de l'art, monsieur. & je parle avec mes amis. merci ! »
Rires moqueurs de ses trois amis à mon égard, sous le regard cramoisi du galeriste
& la consternation d'un ami peintre, présent à mes côtés.
PhM