Alors que nos pages
d’accueil Internet sont envahies de sondages, de frasques de vedettes de la téléréalité & d’un matraquage médiatique transformant la balade impromptue d’un clebs sur la pelouse d’une centrale nucléaire en incident majeur de sécurité, les écoles d’art entament pour beaucoup
leurs journées d’intégration & publient leurs livrets de l’étudiant.
Cette sorte de rapport d’activité, qui donne souvent plus l’impression d’avoir été
rédigé pour un bureau ministériel rompu à la syntaxe administrative que destiné à informer le bachelier, faisait dire à l’une de mes étudiantes :
« je préférerais qu’on m’indique ce que font les élèves de cette école plutôt qu’on me colle des pages de graphiques sur la répartition par
catégorie des agents de l’école…
Dans plusieurs écoles, les journées d’intégration ont déjà débutées, parfois sous
forme de classement des étudiants dans des groupes de compétences, parfois hélas sous l’aspect de stages de bizutages, d’humiliations aux cours desquelles le plaisir des organisateurs réside dans les souffrances infligées à leurs victimes.
En prépa art, l’on pourrait recevoir l’étudiant aux concours ensad ensba inp
gobelins en lui laissant croire qu’il serait l’équivalent d’un rapin, assujetti au béotisme. Ce serait cependant nier son expérience personnelle.
De nos jeunes viennent de très loin, aussi bien géographiquement que graphiquement & parfois, d’entre eux savent hélas déjà ce que c’est que d’avoir été agressés.
Ces gosses, ces jeunes adultes, il
faut absolument les intégrer à la classe prépa par une suite d’exercices plastiques leur démontrant d’abord que si de précédents étudiants des précédentes promotions ont réussi, alors eux aussi le peuvent !
D’après moi, la méthode consiste à :
- refuser les groupes de compétences (chez Koronin, je préfère voir les étudiants se mélanger,
permettant l’immersion des plus débutants dans le travail des mieux expérimentés),
- permettre à l’étudiant d’opérer un round d’observation (le laisser se projeter dans la salle de
classe),
- lui ouvrir un créneau de discussions avec les autres étudiants (valoriser l’expérience de
chacun),
- démystifier la complexité des enseignements plastiques comme l’observation ; à montrer à chacun
que s’il suit la méthode de travail, il peut parvenir très tôt à un résultat encourageant, qu’il va ensuite pouvoir personnaliser !
Une seule philosophie devrait exister lorsque l’on parle d’intégration en école d’art, en classe prépa : donner confiance… Et l'on devrait
être admiratifs devant ces jeunes gens qui, loin d'accepter qu'on les classifie sous l'étiquette de "génération sacrifiée", se préparent à affronter les concours nationaux des grandes
écoles d'art.

Photos Koronin : Pose déjeuner, au soleil
! L’étudiant en prépa art (ensad ensba gobelins inp mcrbc) est un adulte respecté, qui taille également sa place en classe par immersion dans le travail de ses condisciples, avec les relations
qu’il en retire.
Sortie au jardin des plantes, très tôt dans l’année, afin de montrer à tous qu’utiliser le pinceau, la couleur, peindre même des plantes, est à la portée de tous !
PhM