Les actualités hebdomadaires des Koronin (Philippe Morin / Artemis Irenäus von Baste), culture des arts plastiques & galerie d'Art associative en Ligne.
17 Mai 2012
Ce matin, la culture française se réveille avec comme représentant un nouveau ministre de la culture – femme, pour une fois – issu de la ENS-LSH, en d’autres termes « L’école normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (lettres et sciences humaines) », romancière & professeur de lettre. Les pages encyclopédiques en ligne concernant notre nouveau ministre auront été mises à jour dans la nuit ; il semble qu’au plus haut sommet de l’Etat, si loin des quartiers des galeries, des théâtres & des artistes, on ne plaisante pas avec certaines choses.
Revenons à nos fleurs.
Dessiner des fleurs, donc.
Comme toute forme, une fleur se compose de « rythmes de lignes »,
succession des mouvements variés qui composent une ligne.
Peu de lignes de la nature sont droites (voire aucune) ou à courbure simple. La ligne d’une fleur se compose d’un certain nombre de segments
courts/longs, concaves/convexes, raccordés/brisés, contrariés/consécutifs. Comprendre l’ordonnance de ces lignes qui découpent la forme de la fleur
permet l’expression de sa vie intérieure. Cela révèle sa physionomie.
Certes, soyons honnêtes, cela peut se faire avec n’importe quel objet ou chose à dessiner ! Mais avec la fleur, nous avons prétexte à aborder non pas un corps mais pourquoi pas un groupe de corps, par grappes, apparemment semblables, pourtant très différents les uns des autres car sujets aux aléas de la nature : deux fleurs semblables n’ont cependant pas la même exacte dimension, la même orientation dans la grappe. L’élégance de la représentation d’une grappe de fleurs de rhododendrons tient alors moins dans la répétition que dans la succession de segments subtilement différents qui la composent. L’étudiant en prépa aux concours ensad ensba inp mcrbc gobelins ensapc aperçoit dès lors qu’un même mouvement de lignes est représentable suivant différents rythmes.
Dessiner des fleurs est aussi prétexte à amener une révision d’un fondamental de l’image : l’équilibre asymétrique.
Notre grappe de fleurs de rhododendron est de nature asymétrique. Aucune fleur n’est exactement orientée comme une autre, pourtant la grappe nous paraît régulièrement équilibrée. Elle l’est car les fleurs sont plus ou moins de tailles, de masses importantes. Les fleurs les plus grosses sont « dominantes », les plus petites sont « toniques » ; l’ensemble construit de lignes, de surfaces, de reliefs, de creux, de taches, présente un équilibre de tel manière que la verticale passant par le somment ne semble pas « rater » la base !
L’on emploi aussi cette méthode en corps représentation du corps humain.
Côté « composition » - accommodement, compromis entre formes & surfaces
- dans une image, l’étudiant aura souvent tendance à déséquilibrer sa composition par un mouvement de lignes, de masses, d’action, qui décentralisent le centre de gravité vers un des côtés de
l’ensemble. Il créera alors un « rappel » de l’action, plus petit, opposé au sens du premier, afin de composer, d’équilibrer ; comme
la nature sait le faire tout autour de lui, notamment dans l’architecture des fleurs, des plantes etc. John
Ruskin disait : « Envoyez l'architecte dans nos montagnes. Qu'il apprenne là ce que la nature entend par un
arc boutant, ce qu'elle entend par un dôme. »

Wu, ensad (design), travail personnel hors cours prépa art. Coin de parc.
Concernant les arcs boutants, la ligne architecturale, les étudiants de votre prépa art s’y confrontaient hier après-midi, dans les passages couverts parisiens ; mais de cela je vous parlerai demain…
PhM